À rayons ouverts chroniques de BAnQ.

no 58, décembre 2003

Éditorial

Dossier spécial Grande Bibliothèque

Entrevue

La vie de la BNQ

Activités / Expositions

Rubriques


Éditorial

Le regroupement de la Bibliothèque nationale du Québec et de la Grande bibliothèque du Québec, en mars 2002, a été l'occasion de repenser presque toutes les missions des deux établissements, soit pour les reconduire en les confirmant, soit pour les reconsidérer en les enrichissant, et surtout pour ouvrir de nouvelles avenues en profitant de ce moment de croissance de l'institution.

Revu à son tour, le bel instrument de communication qu'était la revue de la BNQ, À rayons ouverts, a conservé son nom judicieux, sa volonté de faire connaître hors les murs les activités de la bibliothèque, mais il s'est aussi imposé une refonte importante, après quelques mois de suspension de publication.

Dans sa facture renouvelée grâce aux merveilles du graphisme contemporain, À rayons ouverts se présentera désormais comme un véritable magazine de la BNQ. Message éditorial, dossiers spéciaux, entretiens, rubriques récurrentes en provenance de nos diverses équipes spécialisées, courrier des lecteurs, la publication rendra compte de la vie de la BNQ et, nous l'espérons, permettra d'éclairer toute l'étendue de son travail. Où qu'elles soient, les bibliothèques nationales sont rarement bien connues des populations qu'elles servent, il plane sur elles une part d'ombre et même de mystère, reliée à la nature même du service qu'elles rendent, soutien intellectuel et technique indispensable à la chaîne du livre, mais peu visible. Le cas du Québec est plus complexe encore, sa BNQ devenant actuellement à la fois patrimoniale et publique. Ce qui nous semble limpide, au jour le jour de nos travaux et projets, ne l'est pas pour tous nos interlocuteurs. D'où cette revue, qui cherche d'ailleurs à rejoindre un nombre beaucoup plus élevé de destinataires. Nous voulons engager le dialogue non seulement avec les milieux de documentation ou de recherche, mais avec l'ensemble des milieux de culture et d'éducation, ainsi qu'avec tous les lecteurs qui fréquentent la BNQ. Page à page, de parution en parution, nos rayons seront donc pleinement ouverts. Nous vous invitons à en prendre acte et profit pour l'avenir.

LISE BISSONNETTE
Présidente-directrice générale

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Dossier spécial Grande Bibliothèque
Une Grande Bibliothèque publique au service de tous les Québécois

Depuis sa création, en 1967, la Bibliothèque nationale du Québec n'a cessé de développer sa mission au service de la conservation et du rayonnement du patrimoine documentaire québécois.

Suivant une évolution qui touche depuis une vingtaine d'années toutes les grandes bibliothèques nationales dans le monde, la Bibliothèque nationale du Québec a choisi de s'ouvrir désormais à des publics de plus en plus larges et diversifiés.

Transcendant l'idée d'un lieu de savoir et de silence réservé à un nombre restreint d'initiés, elle entend ainsi devenir un lieu de transmission culturelle accessible à tous avec l'ouverture, en avril 2005, de son nouvel édifice de diffusion, la Grande Bibliothèque, bâtie au cœur de Montréal.

Ce vaste espace de 33 000 m2 sera de plus un foyer d'effervescence culturelle permanente, grâce à son auditorium, sa salle d'exposition, son centre de conférences et ses stands de bouquinistes.

Dotée d'une architecture électronique à la fine pointe de la technologie, la BNQ pourra assumer sa vocation nouvelle sur place, mais aussi à distance, au Québec et partout dans le monde.

CAROLE PAYEN
Direction des communications et des relations publiques

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Les collections de la Bibliothèque nationale du Québec dans la Grande Bibliothèque

La Grande Bibliothèque offrira quelque 4 millions de documents : livres, revues et journaux, disques compacts musicaux, enregistrements sonores, vidéos, documents électroniques, microformes, affiches et estampes, cartes géographiques, etc. Ces documents, répartis sur six étages, seront regroupés de manière à bien desservir les diverses clientèles, adultes ou jeunes, amateurs ou visiteurs avertis, étudiants ou autodidactes, chercheurs, gens d'affaires, nouveaux arrivants.

La collection de la BNQ comprend bien sûr les documents publiés au Québec mais également un vaste éventail de documents édités ailleurs, sur tous les sujets.

  • Au rez-de-chaussée, les utilisateurs pourront bouquiner dans les nouveautés ou encore dans les revues et journaux récents; les personnes handicapées y seront accueillies et le Service québécois du livre adapté offrira des documents destinés spécifiquement aux personnes souffrant d'un handicap visuel.
  • Dans la collection québécoise, les visiteurs trouveront la collection patrimoniale québécoise exhaustive, offerte en libre accès pour consultation sur place : livres, revues et journaux, microformes, publications gouvernementales, collection de généalogie.
  • L'essentiel de la collection universelle de prêt et de référence destinée aux adultes, répartie sur quatre étages, sera regroupé par thématiques, telles : langues et littératures, arts, sciences et technologie, économie et affaires, emploi et carrières, histoire, sciences humaines et sociales, musique, phonothèque, vidéothèque, logithèque.
  • Située en rez-de-jardin, la Médiathèque des jeunes accueillera tous les groupes d'âge, des tout-petits jusqu'aux adolescents. On pourra y découvrir des livres pour l'apprentissage et le plaisir, mais également des disques compacts, des vidéos, des cédéroms, des jeux éducatifs... Par ailleurs, le Centre québécois de ressources en littérature jeunesse rassemblera à l'intention des spécialistes et des chercheurs un fonds documentaire en littérature jeunesse, du Québec et d'ailleurs.

Cette riche collection sera accessible non seulement à ceux qui fréquenteront l'édifice situé au cœur de Montréal, mais également à tous les Québécois. En effet, un catalogue en ligne souple et convivial permettra le repérage de documents qui pourront être empruntés via le système de prêt entre bibliothèques reliant les bibliothèques du Québec et du monde. Ou, mieux encore, les ressources électroniques de la collection numérique de la BNQ pourront être consultées immédiatement et directement à l'écran.

4e étage

L'image, le son et... l'administration

Musique et phonothèque / Vidéothèque / Salle de visionnement et d'écoute / Salle de musique électronique / Services administratifs de la Bibliothèque nationale du Québec

3e étage

L'histoire et l'humanité

Sciences humaines et sociales / Histoire / Collection Saint-Sulpice / Services aux nouveaux arrivants / Publications gouvernementales (à l'intérieur de la collection patrimoniale québécoise) / Aire de recherche à l'intention des milieux documentaires

2e étage

Le travail et la technologie

Sciences et technologies / Logithèque / Économie et affaires / Centre emploi-carrière / Cartes et plans / Laboratoire de langues

1e étage

De plain-pied dans les collections

Collection patrimoniale québécoise, incluant la collection Gagnon et les collections de généalogie et de microformes (sur trois niveaux, dont deux en mezzanine) / Arts / Langues et littérature / Mise en valeur d'archives privées

RC

Rez-de-chaussée : portes ouvertes sur le savoir

Comptoir d'accueil et d'orientation / Comptoir d'abonnement, de prêt et de retour / Actualités et bibliothèque 14 heures / Revues et journaux Guichet pour handicapés visuels et auditifs / Café-restaurant / Auditorium (300 places) / Espaces pour les bouquinistes, avenue Savoie

RJ

Rez-de-jardin : du métro aux expos

Centre de conférences / Salle d'accueil des groupes / Salle d'exposition / Espaces de services internes / Lien intérieur avec le métro

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Toute une gamme de services...

Une vaste gamme de services sera offerte aux différentes clientèles qui fréquenteront le nouvel édifice de diffusion de la BNQ. Le cœur de cette offre de service a été élaboré dans le cadre d'un Programme des activités et des espaces et approuvé par le Gouvernement du Québec en janvier 2000.

Parmi les services offerts, on trouve bien sûr ceux qui constituent le cœur même de la mission d'une bibliothèque publique : la référence, le prêt de documents, le prêt entre bibliothèques, l'animation et la mise en valeur des collections de même que la formation des clients aux multiples outils informatiques : catalogue, portail, bibliothèque numérique, banques de données et ressources électroniques.

Mais d'autres outils de savoir et d'information seront également mis à la disposition des clients, tels un laboratoire de langues, une logithèque, une vidéothèque, une phonothèque, une médiathèque des jeunes, un centre emploi-carrière de même que des services aux gens d'affaires et aux nouveaux arrivants.

Notons que les heures d'ouverture hebdomadaires étendues, 62 heures au total, permettront une accessibilité maximale au grand public. Ajoutons également qu'une partie du rez-de-chaussée de l'édifice sera ouverte tous les jours de la semaine jusqu'à minuit.

DANIELLE CHAGNON
Direction des services à la clientèle

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La Grande Bibliothèque, bâtiment de diffusion de la Bibliothèque nationale du Québec

Petite histoire d'un grand projet

Le décret autorisant la construction de la Grande Bibliothèque a été obtenu en janvier 2000. Un concours international d'architecture en deux étapes a alors été organisé, dont le lauréat a été le regroupement Patkau Architects/Croft Pelletier architectes/Gilles Guité architecte. Ce regroupement a travaillé depuis juin 2000 à l'élaboration des plans et devis en vue de la construction de l'édifice. Le bureau montréalais Menkès Shooner Dagenais architectes s'est joint au regroupement pour la phase des plans d'exécution et la surveillance du chantier, présentement en cours.

L'immeuble est situé sur le quadrilatère Berri/de Maisonneuve/Savoie/Ontario, en face du terminus Voyageur et de l'UQÀM. La démolition du Palais du commerce qui s'y élevait précédemment a été réalisée à l'automne 2001. Les fondations du nouvel édifice ont suivi en novembre 2001 avec la firme Hervé Pomerleau inc. qui, depuis novembre 2002, poursuit la construction de l'édifice.

Le concours de design de mobilier a eu lieu en octobre 2001. Le lauréat pour la table, la chaise et la lampe de lecture est la firme Michel Dallaire Design Industriel inc. Le concours d'intégration des œuvres d'art à l'architecture s'est tenu en juin 2002, et quatre artistes ont été sélectionnés pour autant d'interventions.

Les caractéristiques architecturales et structurales de la Grande Bibliothèque

Il s'agit d'un bâtiment en aires communicantes, dont les étages sont reliés, autour d'un atrium central, par trois circulations verticales : les ascenseurs vitrés, des escaliers de terrazzo traversant l'atrium, et une promenade hélicoïdale menant du rez-de-chaussée au 3e étage, permettant de circuler autour d'une chambre de bois qui contient les collections.

Les collections sont ainsi réparties sur six niveaux. Les espaces de lecture sont en périphérie du bâtiment et de la chambre de bois, offrant de ce fait aux lecteurs différentes atmosphères.

Une partie de l'édifice est dévolue à la collection patrimoniale québécoise, elle aussi enchâssée dans une autre chambre de bois à l'intérieur du bâtiment. Cette collection se développe sur trois niveaux, dont deux en mezzanine d'une salle de lecture centrale éclairée par un puits de lumière. Le concept des chambres de bois a été inspiré aux architectes par le titre du premier roman publié par Anne Hébert.

La structure de béton de l'édifice est conçue selon le principe des cadres rigides, c'est-à-dire des poutres et colonnes reliées en continu, ce qui assure la rigidité requise aux mouvements latéraux.

Et demain?

Le bâtiment vient d'être muré, ce qui permettra de poursuivre les travaux intérieurs durant la période hivernale. Le parement extérieur sera installé au printemps 2004.

La fin du chantier est prévue pour l'automne 2004. Nous réaliserons par la suite l'aménagement des espaces intérieurs et le déménagement des nombreuses collections. La Grande Bibliothèque sera ouverte au public au printemps 2005.

DIANE ARCOUETTE
Direction de la planification et de la gestion du projet de construction

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La Bibliothèque nationale du Québec : un nouvel univers pour la clientèle jeunesse - Médiathèque des jeunes et Centre québécois de ressources en littérature jeunesse

Dans son nouvel édifice de diffusion, la Bibliothèque nationale, se prépare à déployer des trésors d'imagination pour accueillir la clientèle jeunesse. La Médiathèque, lieu unique en son genre, offrira à la jeune clientèle québécoise de 0 à 13 ans des collections, des services et des programmes d'animation développés spécialement pour eux. Quant aux adultes qui les accompagnent, une collection de documents portant sur différents aspects du développement et de l'éducation des jeunes ainsi que du matériel d'animation de la lecture leur seront offerts.

La collection de prêt de la Médiathèque comptera au-delà de 65 000 documents regroupant livres, périodiques, livres sonores, DVD et vidéocassettes, cédéroms, logiciels, jeux et jouets. Des documents soigneusement sélectionnés et des ressources documentaires de haute qualité, accessibles sous de multiples supports et outils technologiques, permettront à la Médiathèque et à son personnel de répondre aux besoins des jeunes en information, éducation, culture, recherche et loisirs.

Près de 2000 m2 sont alloués à la Médiathèque au rez-de-jardin du nouvel immeuble : des aires seront aménagées pour les différents groupes d'âge qui la fréquentent et pour les différents types d'activités qui s'y déroulent. Des postes multimédias, des postes de visionnement, des postes d'écoute, une salle de formation, un atelier de créativité, une salle d'animation, plus de 450 places attendent ce jeune public.

En tout temps, le personnel affecté au service de référence et d'aide au lecteur guidera les jeunes dans leurs recherches d'information ou leurs choix de lecture. Au-delà de la fonction d'accueil, d'orientation et d'aide à la recherche, le personnel agira en véritable médiateur de la lecture, de la culture et des savoirs.

Fer de lance des activités de la Médiathèque, l'animation de la lecture se traduira par de multiples programmes et activités. Elle s'adressera à toutes les tranches d'âge de la clientèle, les jeunes, les familles, les groupes scolaires et autres. L'animation se veut un stimulateur important qui amènera la clientèle à fréquenter souvent la Médiathèque pour les activités culturelles qui s'y dérouleront.

Lieu de rencontre privilégié de la lecture et de l'information sous toutes ses formes, lieu d'animation culturelle, lieu de formation et d'autoformation, lieu d'exploration et d'expérimentation, lieu de création, lieu de découvertes, la Médiathèque des Jeunes de la Grande Bibliothèque visera à satisfaire les multiples besoins littéraires et documentaires de tous les jeunes Québécois.

LISE LANGLAIS
Direction des services à la clientèle

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Entrevue

Entretien avec Yvon-André Lacroix
Accessibilité universelle, appropriation et partage

Par François Couture

Yvon-André Lacroix a pris sa retraite de la Bibliothèque nationale du Québec le 1er octobre dernier(*). Il nous livre ici ses souvenirs, ses réflexions, ses souhaits. Entrevue avec un homme qui a toujours défendu farouchement l'accession universelle aux livres, et donc au savoir.

Monsieur Lacroix, d'où vous vient cet amour du livre et de la lecture?
Oh, ça remonte à loin! Enfant, j'ai manqué de livres. J'ai connu les désolants sous-sols d'église où on ne nous offrait que des biographies de saints! Comme vous le savez sans doute, l'accès aux livres était très contrôlé et moi, ça m'a toujours heurté de ne pouvoir lire ce que je désirais. Les prêtres nous disaient : « Non, tu ne liras pas ça, j'ai autre chose pour toi! »
Un lecteur frustré, donc!
Oui! Le livre que je voulais n'était souvent pas là, ou on ne voulait pas que je le lise. Dans certaines bibliothèques, il y avait un « enfer », où l'on retrouvait des livres qu'on ne prêtait pas! Il y avait des barrières entre les gens et le livre.
Est-ce que vous voyez là une influence de l'Église catholique, qui « cachait » les Écritures, interdisant ainsi en quelque sorte le savoir?
Dans tous les pays de tradition catholique, le livre est d'abord disponible pour l'élite. C'est un objet « tabou » : prenez par exemple la Bible, on la lit, le plus souvent, à travers les yeux de l'autorité. Ainsi, la pratique du magasin fermé a disparu en Amérique du Nord au début des années 50, mais a continué ici jusqu'à aujourd'hui dans de rares mais importantes bibliothèques publiques. Ce qui a laissé des traces. Ici, on ne sait pas ce que c'est que d'avoir une bibliothèque publique d'un million de livres en accès libre. À l'ouverture de la Grande Bibliothèque, les gens vont avoir tout un choc! Ils devront apprivoiser la bibliothèque et ce sera notre rôle de nous assurer que ça se passe bien. Et ils seront sans doute extrêmement impressionnés, et j'espère fiers, de voir un million de livres, des postes Internet, des salles de consultation et de lecture, des salles de rencontres, etc.
Je trouve fascinant que votre frustration de lecteur ait façonné votre idée de ce que devait être une bibliothèque.
Dans les années 60, c'est vrai qu'il y avait une pauvreté au Québec, mais les gens voulaient lire et donc s'instruire. L'un des véritables bienfaits de la Révolution tranquille aura été de permettre aux gens de s'éduquer. Cette instruction leur a permis de s'approprier toutes les formes de pouvoir : économique, politique, culturel, etc. Créer une bibliothèque nationale a prouvé que notre peuple avait une culture. Après trente-cinq ans de dépôt légal, la Bibliothèque nationale du Québec possède une collection de 200 000 livres québécois ou relatifs au Québec! C'est gigantesque pour un peuple comme le nôtre. Quand je pense à ce chiffre, j'ai en mémoire les mots assassins de lord Durham qui prétendait que nous étions « un peuple sans histoire ni littérature », qui ne savait ni lire, ni écrire... Dans la nouvelle bibliothèque, j'ai cru essentiel qu'il y ait une salle, très belle, dédiée à la collection québécoise, afin que les Québécois aient accès à leur patrimoine, à leurs livres.
Vous avez été une des pierres angulaires de ce grand projet. Quelles en étaient les grandes lignes dans votre esprit, au départ?
Deux mots : appropriation et partage.
Partage?
Quand on lit, on s'instruit, on s'approprie, et il y a partage puisque la société bénéficie de cette instruction, car celle-ci se traduit, entre autres, en termes de prospérité économique. Les bibliothèques sont rentables économiquement : les gens instruits sont plus créatifs, plus organisés, plus productifs. Et je ne fais aucune restriction quant au type de lecture : l'important, à titre de bibliothécaire d'une bibliothèque publique, c'est de trouver ce que la personne aime lire. En l'interrogeant, il faut déceler sa « faille », son centre d'intérêt, sa passion; il faut partir de ce qui intéresse la personne pour, dans un second temps, l'emmener ailleurs. Et absolument tout est intéressant dans le champ du savoir. Les passions humaines sont tellement diversifiées! On ne peut oublier le visage d'un passionné des papillons africains qui vous remercie de lui avoir trouvé un guide illustré des papillons africains! C'est ça, une bonne bibliothèque! Ça prend un édifice, une collection, mais aussi des services!
Une approche qui se fonde d'abord sur les besoins de l'utilisateur?
Voilà. C'est en travaillant sur une émission de télévision que j'ai compris ce concept. J'avais deux minutes pour expliquer comment chercher un livre dans une bibliothèque. Je fais donc ma présentation au réalisateur avant l'émission... qui avoue ne rien comprendre à ce que je dis et me demande de recommencer. J'étais furieux! En plus, je devais être en ondes dix minutes plus tard. J'ai alors eu l'idée de prendre les deux annuaires téléphoniques (pages blanches, pages jaunes) pour illustrer les recherches par auteurs-titres et par vedettes-matières. Ce fut la plus belle remise en question que j'ai eue de toute ma vie.
Comment traduire cette volonté d'écouter le client, dans une bibliothèque qui s'adresse au grand public?
Il faut qu'elle soit conviviale, facile d'accès. Il faut être de bons vulgarisateurs. Ce n'est pas péjoratif de dire ça! Si on veut que les gens aient du plaisir à utiliser les services de la bibliothèque, il faut que nous sachions les accueillir avec le sourire. Il faut qu'ils comprennent que ce lieu appartient à tous, et non seulement aux intellectuels ou aux diplômés. Il faut qu'ils sachent qu'il n'y a aucune honte à poser une question. La bibliothèque est là pour débusquer les ignorances. Il ne doit y avoir aucune barrière à l'accession au savoir.
J'ai lu que la première bibliothèque que vous avez fondée était située à Brossard!
Eh oui! Il y a 27 ans, ce n'était pas très «  glamour  »! La référence pour Brossard, c'était le film Deux femmes en or! Tout le monde pensait que j'étais tombé sur la tête. Mais je me suis juré qu'àBrossard, ils allaient lire davantage grâce à des collections variées et de qualité! J'ai fait attention à tous les petits détails : j'ai été le premier à inviter des écrivains jeunesse dans une bibliothèque; l'abonnement était gratuit; j'ai choisi un local au-dessus d'un centre commercial, près des gens, etc.
Depuis longtemps, donc, vous êtes un grand défenseur de la bibliothèque publique.
J'ai vite compris que la bibliothèque était la porte d'entrée pour tous les autres lieux culturels. Et je la défends parce qu'il n'y a pas, au Québec, de loi pour la protéger et la développer, alors que c'est le cas presque partout ailleurs dans le monde. Ce qui signifie qu'il n'y a pas de message clair pour dire qu'elle est essentielle à notre société. Or, la construction de la Grande Bibliothèque est le premier message clair en ce sens. On peut dire tout ce qu'on voudra, ce geste de Lucien Bouchard est le premier qu'un politicien ait posé pour dire qu'il est nécessaire d'avoir une grande bibliothèque dans une ville comme Montréal, dans un pays comme le Québec. Et je crois que nous allons assister à un phénomène d'émulation : d'autres villes québécoises voudront elles aussi améliorer et donner une nouvelle impulsion à leur bibliothèque. Et on doit aussi soutenir le réseau des petites et moyennes bibliothèques partout au Québec! Pour faire lire davantage, il faut une vision d'ensemble qui reste à peaufiner.
En vous écoutant parler avec autant d'enthousiasme, je me demande pourquoi vous prenez votre retraite; vous n'aviez pas envie de rester jusqu'au jour J?
Ça fait cinq ans que je suis en mode création intense! Tous les jours, toutes les secondes, on se pose des questions sur tout, ici. Et le projet n'arrête pas à l'ouverture : il faudra constamment se réajuster, car on crée une institution nationale, bibliothéconomique et culturelle, de fond en comble. Ce n'est pas une marche qu'on franchit, c'est un escalier au grand complet! Bref, il reste encore beaucoup à faire et c'est très, très excitant. Mais il est pour le moment grand temps que je me repose!

* Madame Hélène Roussel a succédé à Yvon-André Lacroix au poste de directrice générale de la diffusion de la Bibliothèque nationale du Québec.

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La vie de la BNQ
Mission scientifique à la BNQ

Développer la mission scientifique de la Bibliothèque nationale du Québec, tel est le mandat qu'a reçu la Direction de la recherche et de l'édition. Cette nouvelle entité relève de la Direction générale de la conservation, responsable de l'acquisition, du traitement documentaire et de la préservation matérielle du trésor national que constitue la collection patrimoniale québécoise. Dans le prolongement naturel de ces activités, la Direction de la recherche et de l'édition collabore avec les milieux scientifiques afin de mettre en valeur cette collection patrimoniale par des travaux de recherche et des publications.

Promouvoir la recherche sur les collections

La BNQ a lancé au printemps dernier un programme de soutien à la recherche en quatre volets : bourses doctorales, bourse postdoctorale, prix d'excellence et bourses aux chercheurs étrangers. L'objectif? Contribuer de manière significative au financement des travaux scientifiques qui s'appuient sur les documents de la collection patrimoniale de la BNQ, afin de faire connaître le Québec, son histoire et sa culture. Les milieux universitaires ont répondu à l'appel et cinq bourses ont été décernées à des chercheurs québécois et étrangers lors de ce premier concours. Les projets retenus explorent plusieurs facettes, plusieurs époques de notre histoire : théâtre québécois contemporain, musique de la Nouvelle-France, émergence de la presse et de la littérature québécoises au XIXe siècle, mouvements migratoires des populations après la Conquête, commerce du livre et développement des collections fondatrices de la BNQ. Que nous réservent les concours des prochaines années? Des projets émanant d'autres champs disciplinaires – géographie, sociologie, études féministes, histoire de l'art, linguistique – ou portant sur d'autres collections – fonds d'archives, cartes géographiques, estampes, affiches, cartes postales, livres anciens ou enregistrements sonores. Il y a mille manières d'interroger le patrimoine conservé à la BNQ, mille fenêtres à ouvrir sur notre histoire culturelle, sociale et politique.

Communiquer des savoirs est une passion

Ces travaux de recherche constituent eux-mêmes un patrimoine national qu'il importe de transmettre à un public élargi. En collaboration avec les universités, les éditeurs québécois, les associations scientifiques, les organismes patrimoniaux et les autres entités de la BNQ, la Direction de la recherche et de l'édition contribue à la diffusion des savoirs qui puisent dans les collections patrimoniales. Publications spécialisées, expositions, contributions à la bibliothèque virtuelle de la BNQ, activités pédagogiques, conférences et colloques permettront non seulement de diffuser de nouveaux savoirs sur la société québécoise, mais aussi, de manière encore plus essentielle, de partager avec le public une passion pour le grand jeu des questions et des découvertes.

CLAUDINE JOMPHE
Direction de la recherche et de l'édition

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Gaston Petit l'artiste missionnaire

La Bibliothèque nationale du Québec a récemment enrichi sa collection d'un lot important de 219 estampes et de 5 livres d'artiste réalisés par Gaston Petit, prêtre et artiste de vocation. Né à Shawinigan en 1930, il demeure dans la région de Trois-Rivières jusqu'à son ordination chez les Pères dominicains en 1959. Deux ans après, il devient missionnaire au Japon où il fait d'abord l'apprentissage de la langue et de l'écriture japonaises avant d'étudier les cultures orientales.

En 1963, sa communauté lui propose de prendre en charge l'aménagement de la chapelle d'un campus scolaire à Kyoto où il réalise des vitraux, des murales et d'autres éléments liturgiques. Gaston Petit parle de ce projet comme d'un élément déclencheur qui le propulse à temps plein dans le domaine de l'art.

Ainsi encouragé par sa communauté, « l'artiste missionnaire » part en quête de connaissances. Au cours de ses voyages, il s'imprègne non seulement de l'art oriental, mais aussi de tous les courants artistiques qui s'expriment à travers le monde. Gaston Petit est un artiste prolifique; il excelle dans des techniques variées, notamment la calligraphie japonaise, l'estampe, la peinture, la sculpture et le vitrail.

En 1965, à Tokyo, il fonde un atelier de gravure où il enseigne et donne des services professionnels en lithographie, en sérigraphie, en gravure sur bois et en eau-forte et reçoit, au cours des années, des artistes d'ici. Il approfondit des thèmes inspirés par la quête spirituelle, plus particulièrement sur la mémoire de l'homme. De ce travail, résultent de riches séries et de multiples variantes d'œuvres où ressortent la précision du dessin, l'équilibre des formes et l'intensité des coloris.

La Bibliothèque complétera le fonds des œuvres de Gaston Petit au cours de l'année prochaine. À terme, on retrouvera dans la collection plus de 500 estampes de cet artiste.

GUYLAINE MILOT
Direction des acquisitions de la collection patrimoniale

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The Canadian Football News et Football Fanfare
Deux journaux montréalais consacrés au football canadien

Montréal, ville de football? Sans doute, si l'on en juge par deux collections de journaux récemment acquises par la BNQ : The Canadian Football News et Football Fanfare. C'est en effet à Montréal que paraissait, le 25 août 1951, le premier numéro du Canadian Football News. Lancé par Ken McKenzie et Will Coté, éditeurs du fameux Hockey News également publié à Montréal depuis octobre 1947, le Canadian Football News se qualifiait d'emblée de seul hebdomadaire canadien entièrement consacré au football et affichait son ambition de connaître le même succès que son prédécesseur. Il y est parvenu, à tout le moins sur le plan de la longévité, puisqu'il semble avoir été publié pendant plus de trente ans, un exploit pour une revue consacrée au sport, un domaine où bien des publications connaissent une existence plutôt éphémère. Publié principalement sous le format d'un journal tabloïd de 12 ou 16 pages, ce titre a également été proposé en format revue entre 1968 et 1972. Il a connu plusieurs périodicités : hebdomadaire durant la saison de football (août à décembre), il devenait mensuel pendant les mois « creux » de janvier à juillet. Un changement d'éditeur s'est également produit en 1973.

La collection acquise par la BNQ comprend les 197 premiers numéros de ce journal et couvre les années 1951 à 1959. Le contenu porte bien entendu sur les divers aspects du football canadien : équipes, joueurs, entraîneurs et statistiques. Une place importante est faite aux illustrations, que ce soit sous forme de photos ou de caricatures. Le lecteur d'aujourd'hui est également frappé par le contenu des annonces publicitaires, presque entièrement consacrées à l'alcool et au tabac.

Quant au Football Fanfare, qui a paru entre juillet 1957 et décembre 1958, les 48 numéros acquis par la BNQ semblent être les seuls à avoir été publiés. Par ailleurs, la ressemblance de ce titre avec son concurrent est telle qu'on peut même se demander pourquoi il a été lancé! Même format, même présentation, même contenu et même périodicité : à presque un demi-siècle de distance, on ne peut que s'étonner de la témérité des éditeurs de cette copie conforme. Peut-être faut-il en déduire que la ferveur des amateurs de football canadien de l'époque était telle que l'on pouvait croire à la viabilité de deux publications concurrentes? Quoi qu'il en soit, ces récentes acquisitions permettront à la Bibliothèque d'offrir des informations de première main aux chercheurs désireux de se pencher sur ces questions.

DANIEL CHOUINARD
Direction des acquisitions de la collection patrimoniale

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Le long chemin vers la bibliothèque publique

Dès l'Antiquité, l'homme a senti le besoin de conserver et de classer le patrimoine sans cesse croissant du livre.

Au second millénaire avant J.-C, en Mésopotamie, d'importantes bibliothèques encyclopédiques voient le jour, certaines pouvant contenir des milliers d'ouvrages. En 47 avant J.-C., au moment de sa destruction, la célèbre bibliothèque d'Alexandrie renferme plus de 500 000 rouleaux de papyrus. Et à l'aube de notre ère, les empereurs romains font construire de grands ensembles d'édifices publics comportant une bibliothèque.

Même si ces institutions ouvrent leurs portes aux savants et lettrés, leur but premier est d'élargir et de préserver le trésor livresque. Plusieurs grandes bibliothèques deviennent des centres de copie de documents, de révision et d'édition de textes, dans un monde sans imprimerie, où la reproduction manuscrite incessante et parfois négligente des textes les dénature peu à peu. La diffusion des livres constitue, la plupart du temps, un objectif secondaire et les documents doivent, sauf exception, être consultés sur place.

De façon plus modeste mais avec plus de faste, les bibliothèques monastiques médiévales perpétuent ce rôle de producteur et de conservateur de manuscrits. S'y adjoignent, dans le dernier tiers du Moyen Âge, les bibliothèques universitaires et privées, ces dernières étant le fruit du travail de riches collectionneurs, souvent princiers ou royaux. Comme les livres coûtent très cher, on les garde dans des armoires fermées ou enchaînés aux pupitres de consultation. Ils ne sont prêtés que très rarement et seulement en échange d'un gage, un autre livre ou un objet précieux.

Au XVIe siècle, la Réforme, qui préconise la lecture individuelle des textes sacrés, initie un mouvement d'alphabétisation de la masse, jusque-là illettrée. Le latin, langue de communication des savants, est de plus en plus souvent remplacé dans les écrits par les langues populaires. L'imprimerie nouvellement née rend le livre plus accessible et abondant. Il cesse très progressivement d'être l'apanage des plus nantis. On assiste à sa lente démocratisation.

Une idée novatrice fait son chemin : les collections de livres doivent être disponibles pour «  le moindre des hommes qui pourra en avoir besoin  », comme l'écrit Naudé, l'auteur du premier traité moderne de bibliothéconomie, en 1627. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient donc l'ouverture au public de nombreuses bibliothèques déjà existantes, royales, ecclésiastiques ou privées et même, phénomène nouveau, la création de bibliothèques municipales, nées de souscriptions publiques ou de la volonté d'élus. Les guides de voyage de l'époque les recensent volontiers et vont jusqu'à proposer de véritables « voyages littéraires » à travers l'Europe. Ces bibliothèques n'offrent habituellement au public qu'un accès limité à un ou deux jours par semaine, ne permettent pas l'emprunt des livres et contiennent presque exclusivement des ouvrages savants, les ouvrages de divertissement, romans et lectures plus légères, étant mal considérés par la morale de l'époque. Pour se procurer ces derniers, il faut s'abonner à un cabinet de lecture ou à une bibliothèque de prêt, lieux de socialisation pour les amoureux du livre. Le prix d'abonnement et d'emprunt des livres varie beaucoup, ce qui les rend plus ou moins accessibles. En Angleterre, le prêt des romans ne rapportant pas suffisamment, on y vend des chapeaux, du tabac, des médicaments, des billets de bal...

Ce n'est qu'au XIXe et au XXe siècle qu'on voit se fixer les caractéristiques de la bibliothèque publique d'aujourd'hui : collections de recherche et de divertissement, prêt élargi, salles de lecture pratiques, systèmes de classification précis pour un repérage aisé des documents, diversification des services, etc. Cette nouvelle bibliothèque, moteur de la démocratie, a pour mandat de faciliter la diffusion du patrimoine littéraire et documentaire auprès du plus grand nombre, afin d'élargir l'esprit de tous ceux qui désirent plonger avec délice dans l'univers du savoir.

MICHÈLE LEFEBVRE
Direction des acquisitions et du traitement documentaire
de la collection de prêt et de référence

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Des technologies de l'information au service des usagers

Dans les bibliothèques d'aujourd'hui, les technologies de l'information occupent une place qui va toujours croissant. Les outils informatiques ne servent pas seulement à gérer les documents que les bibliothèques mettent à la disposition de leurs usagers; ils font désormais partie des services offerts par les centres documentaires, qu'il s'agisse de l'accès à Internet sur les postes de travail jusqu'aux bibliothèques numériques les plus évoluées.

À la Bibliothèque nationale du Québec, la mise en place de l'infrastructure et des services informatiques de la Grande Bibliothèque constitue évidemment le défi principal de la Direction générale des technologies de l'information et des télécommu nications. Mais l'atteinte de cet objectif doit s'harmoniser avec la nécessité de maintenir et de faire évoluer l'infrastructure et les services qui sont à la disposition du personnel et des usagers actuels de la bibliothèque.

À la suite d'un appel d'offres public, la BNQ a retenu en mai 2002 le regroupement CGI / Biblio Mondo pour la mise en œuvre de son nouveau système intégré de gestion documentaire (SIGD). Outre le système de gestion de bibliothèque (PortFolio) qui couvre les fonctions « classiques », le SIGD comprend plusieurs autres volets. Pour ne citer que les principaux éléments, mentionnons :

  • Le portail d'accès à l'ensemble des services de la bibliothèque qui seront offerts à tous (sur Internet), disponibles pour les partenaires de la bibliothèque (Extranet) ou accessibles au personnel (Intranet). Le logiciel Sun ONE Portal Server a été adopté à cette fin.
  • La bibliothèque numérique, qui sera gérée avec le logiciel Orphea, outil de gestion de documents numériques multimédias de la société française Algoba, fondé sur la technologie Oracle.
  • L'entrepôt de données (technologie Oracle), un outil pour le stockage et l'analyse approfondie, à des fins décisionnelles, des données provenant de tous les autres systèmes documentaires ou administratifs (par exemple, les statistiques de prêt ou d'accès à la bibliothèque numérique).

L'implantation des nouveaux systèmes fait appel à la collaboration du personnel de toutes les directions de la BNQ, autant pour la définition précise des besoins que pour les tests élaborés qui doivent être réalisés avant le déploiement des nouvelles fonctionnalités.

Les services administratifs de la bibliothèque sont aussi concernés par le changement. En janvier 2003, la BNQ a choisi le regroupement Systematix / CIO / Avantech pour assurer la mise en place d'un nouveau progiciel de gestion intégré (PGI), couvrant à la fois les ressources humaines, financières et matérielles (approvisionnement et immeubles). Les travaux pour l'implantation des logiciels Virtuo et Avantech progressent au rythme prévu et à la satisfaction de la bibliothèque.

Dans les prochains mois, la BNQ va en outre procéder à l'acquisition d'un système de gestion de la relation client (GRC), en vue d'assurer de la manière la plus efficace possible les interactions avec les usagers, à l'interne comme à l'externe.

La mise en place de ces systèmes et services entraîne une rénovation complète de l'infrastructure informatique de la BNQ : nouveaux serveurs, nouveaux équipements de télécommunication, nouveaux dispositifs de sécurité, y compris la prise de copies de sauvegarde et l'alimentation électrique sans coupure. Cette infrastructure rénovée se développe progressivement, comme le parc des micro-ordinateurs à la disposition du personnel et des usagers. Rappelons qu'à l'ouverture de la Grande Bibliothèque, quelque 400 postes informatiques seront à la disposition du public.

Bref, 2003 et 2004 sont des années d'intense activité et de profondes transformations à la BNQ, du point de vue des technologies de l'information. La Bibliothèque nationale se donne ainsi les moyens de remplir adéquatement son mandat à la fois local, national et international.

ALAIN BOUCHER
Direction des projets spéciaux en bibliothéconomie

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Activités / Expositions

Salons du livre

À l'occasion des salons du livre de l'Estrie (16-19 octobre), de Rimouski (30 octobre-2 novembre) et de Montréal (13-17 novembre), la Bibliothèque nationale a présenté ses collections et ses services, et informé ses visiteurs sur le projet de Grande Bibliothèque.

Événements culturels et éducatifs

Le 28 septembre, la Bibliothèque a participé activement aux Journées de la Culture en accueillant à l'édifice Saint-Sulpice et sur le chantier de la Grande Bibliothèque plus de 200 personnes.

À l'occasion de la Semaine des adultes en formation, du 25 au 31 octobre, elle a organisé des ateliers d'initiation à la recherche sur son catalogue informatisé ainsi que dans sa bibliothèque numérique.

Comme elle le fait depuis la création de cet événement, la BNQ a participé cette année encore au comité organisateur de la Semaine des bibliothèques publiques, en partenariat avec l'Association des bibliothèques publiques du Québec, le Regroupement des centres régionaux de services aux bibliothèques publiques du Québec (CRSBP) et la Ville de Montréal.

Suivant une tradition bien établie, l'édifice Saint-Sulpice de la BNQ a servi de cadre à de nombreux lancements de livres cet automne et, notamment, au lancement de saison des éditeurs Triptyque (le 22 septembre) et Ville-Marie Littérature (le 3 novembre).

Les congrès et colloques

Les 10 et 11 octobre derniers, la BNQ était présente au congrès qui soulignait le 60e anniversaire de fondation de la Société généalogique canadienne-française.

Du 5 au 8 novembre, elle a également participé au 30e congrès de l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de documentation. La Direction générale de la conservation y a organisé une journée précongrès sur le thème «  Agir pour le patrimoine  », et madame Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion, a profité de l'événement pour remettre les trois prix d'excellence de la BNQ venant récompenser chaque année des travaux de recherche en bibliothéconomie.

Le 20 novembre, la BNQ a accueilli le lancement du colloque « Science, imaginaire, éthique » organisé par l'UQAM et le groupe de recherche S.é.l.é.c.t.i.f. Cette rencontre était consacrée aux relations complexes entre humanités et sciences et à la dichotomie souvent observée entre ces deux champs culturels.

Dans le cadre de la Foire internationale du livre de Guadalajara, dont l'invité d'honneur est cette année le Québec, madame Lise Bissonnette présidente-directrice générale de la BNQ, a prononcé une conférence intitulée « Les grandes bibliothèques patrimoniales et publiques, le défi singulier de la Bibliothèque nationale du Québec », à l'occasion du Xe Colloque international des Bibliothécaires; elle a participé, le 2 décembre, à une table-ronde sur le thème « État et inforoute ».

Les 4 et 5 décembre, madame Bissonnette a présenté le projet de Grande Bibliothèque lors du Forum international des bibliothèques de métropoles réuni à Lyon.

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Expositions

Du 28 octobre au 13 novembre, grâce à une collaboration avec la Fondation J. Armand Bombardier, l'univers foisonnant de Victor-Lévy Beaulieu a été mis à l'honneur dans le cadre de l'exposition « Pour saluer la démesure », collage de multiples éléments choisis dans plus de 36 ouvrages du lauréat du prix Athanase-David 2002, conçu par Michel Garneau et France Leduc, et présenté sur une trame sonore de Michel G. Côté.

À l'occasion de la XVIIe Foire internationale du livre de Guadalajara, du 29 novembre au 7 décembre, elle a présenté une exposition réunissant estampes, cartes anciennes et livres d'artistes représentatifs de l'histoire et des racines culturelles du Québec.

Pour saluer l'édition 2003 du Festival international de la Poésie de Trois-Rivières, la Bibliothèque nationale a présenté du 12 septembre au 18 octobre une exposition de livres d'artistes de l'Atelier Presse Papier intitulée « Sous le couvert des mots et des images ».

Une trentaine de livres d'artistes tirés de la collection de quelque 2600 œuvres de la BNQ ont également été exposés à la York Quay Gallery de Toronto, du 18 septembre au 2 novembre.

Pour célébrer le 50e anniversaire de l'Hexagone, la BNQ a organisé, du 3 au 22 novembre, une rétrospective des hauts faits de l'histoire de ce célèbre éditeur québécois.

Pour inaugurer l'année 2004 en beauté, la BNQ proposera à partir du 21 janvier et jusqu'au 17 mars une importante exposition consacrée à ses acquisitions 2002-2003.

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Rubriques

Jeux de mots et de livres pour délivrer des mots

Marouflage : action de restaurer un ouvrage en collant ses plats affaiblis sur un support résistant, comme une toile ou un papier épais, afin de les consolider.

C'est Rabelais, grand faiseur de mots, qui donne à maroufle ses premières lettres d'imprimerie, en 1534, dans son Gargantua. Les maroufles y ont déjà mauvaise presse : Rabelais appelle ainsi les « ennemis tout épars et mal en ordre, pillant et dérobant tout ce qu'ils pouvaient » qui s'opposent avec le bouillant Picrochole au bon Gargantua, roi-philosophe. Féroces, les maroufles? À les voir « ouvrant la gueule d'un grand pied, et tirant les langues comme lévriers en attente de boire » à tout beau discours ou promesse de vin, puis empêtrés dans un «  grand ébahissement  » devant les prouesses équestres des compagnons de Gargantua, on comprend que ce sont surtout de parfaits idiots, comme « le peuple de Paris [...] tant sot, tant badaud et tant inepte de nature » qui s'agite à l'apparition du débonnaire géant.

Maroufle entre dans le Dictionnaire de l'Académie française 150 ans plus tard, suivi de cette définition : « Un gros stupide. Homme pesant et sans esprit ». En 1762, ce même dictionnaire ajoute le verbe maroufler, « appliquer une toile destinée à être peinte à l'huile, sur du bois, du plâtre, ou de la pierre, avec une certaine colle nommée Maroufle ». Vinrent ensuite, selon Le Robert, dictionnaire historique de la langue française, le marouflage (1787 pour la peinture, 1929 pour l'aviation) ainsi que le dernier-né de la famille, l'estimable maroufleur (1955) qui achève de rétablir la réputation de sa lignée.

Le maroufle en virelangue

Opéra-bouffe. Un pignouf s'essouffle : « Vol à l'esbroufe (ouf, ouf)! C'est mon couffe! » L'autre, maroufle, s'engouffre dans le rouf (waterproof) mais, dans le couffe, pas de schnouff. Conclusion : la mistoufle!

CLAUDINE JOMPHE
Direction de la recherche et de l'édition

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Trucs pratiques

Le papier, et donc les livres, ont plusieurs ennemis, mises à part les petites bestioles qui viennent les ronger. Il s'agit de l'eau, de la lumière, de la poussière et du feu. Pour cette première chronique, nous aborderons l'eau. Que faire en cas de dégât d'eau, qu'il s'agisse du simple verre renversé sur la table ou de l'inondation de toute la bibliothèque.

Le premier geste à poser est d'isoler chacun des livres dans un sac en plastique hermétique et de les placer au congélateur. La congélation va en effet arrêter le processus de dégradation et permettre de traiter les livres un à un, le cas échéant. Il ne faut en aucun cas laisser sécher le livre fermé car le papier contient de la colle et les pages seraient alors soudées l'une à l'autre. Cela est d'autant plus vrai dans le cas des beaux livres faits de papier couché (glacé).

Quand le livre à traiter est décongelé, il faut le maintenir debout et l'entrouvrir en prenant soin de glisser entre chacune des pages mouillées une feuille de papier ciré. Lorsque le livre est totalement sec, il convient de consulter un relieur qui mettra en presse les pages abîmées. Pour cela, il humidifiera les pages concernées, les installera dans une presse entre deux ais (planches de bois), puis les laissera sécher sous charge. Il recommencera l'opération jusqu'à ce que toutes les pages aient été traitées. Dans notre prochaine rubrique, nous parlerons de la lumière, de la lune et du soleil.

Conseils techniques
ODETTE DRAPEAU

Rédaction
ISABELLE CHASSE,
Reliure d'art La Tranchefile

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À l'honneur

La Bibliothèque nationale du Québec a remis au mois de septembre 2003 les premières bourses de son programme de recherche.

Les bourses doctorales

Paul-André Dubois du Département d'histoire de l'Université Laval, «  Chant religieux dans l'apostolat auprès des Amérindiens de Nouvelle-France, 1600-1800  ».

Sylvain Schryburt du Département d'études françaises de l'Université de Montréal, «  La théâtralité dans la mise en scène au Québec, 1945-1995  ».

Lucie Villeneuve du Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal, «  Le journal-fiction Le Fantasque, de Napoléon Aubin (1837-1845) : formes théâtrales et romanesques dans le discours journalistique  ».

Les bourses pour les chercheurs étrangers

Les récipiendaires ont été invités à faire un séjour de recherche à la BNQ en octobre 2003.

Jacques Hellemans, du Centre de l'édition et de l'imprimé contemporain de l'Université libre de Bruxelles, « Le commerce international de la librairie belge de langue française au XIXe siècle : présence des réimpressionsbelges dans la collection Saint-Sulpice de la Bibliothèque nationale du Québec ».

Jean-François Mouhot, de l'Institut Universitaire Européen à Florence, « Les réfugiés de la première décolonisation française : Acadiens et Canadiens en France après 1755 ».

La Direction du développement institutionnel a remis les Prix d'excellence en science de l'information et technique de la documentation au congrès de l'ASTED, en novembre 2003.

Daniela Serban, de la Graduated School of Library and Information Studies de l'Université McGill, a reçu le Prix d'excellence en bibliothéconomie.

François-Xavier Paré, de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal, a reçu le Prix d'excellence BNQ/Marie-Claire-Daveluy en bibliothéconomie.

Patrice Viau, du Collège Maisonneuve, a reçu le Prix d'excellence en technique de la documentation.

À tous les lauréats et lauréates, la Bibliothèque offre ses sincères félicitations.

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Comptes rendus de lectures

Jianzhong, Wu, ed.
New Library Buildings of the World.
2nd ed. Shanghai : Shanghai Scientific & Technological Literature Publishing House, 2003. 217 p. ISBN  7-5439-2115-4

Ce magnifique document présente, en mots et en images, cent bibliothèques construites depuis les vingt dernières années ou des projets en cours de réalisation, comme celui de la Grande Bibliothèque de la Bibliothèque nationale du Québec. Les bibliothèques ont été sélectionnées grâce à la participation de la section Library Buildings and Equipment de l'International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA). Pour chaque bibliothèque, on retrouve aussi une fiche technique mentionnant le nom des architectes, le nombre d'étages et de mètres carrés, le coût de construction et divers autres renseignements utiles.

Prost, Élisabeth; Esnault, Nathalie.
Déménager une bibliothèque.
Paris : Éditions du Cercle de la Librairie, 2003. 222 p. (Collection Bibliothèques). ISBN  2-7654-0864-5.

Les auteures, elles-mêmes bibliothécaires, se sont inspirées de l'expérience qu'elles ont vécue lors du déménagement de la bibliothèque municipale à vocation régionale de Montpellier pour écrire ce livre destiné aux membres du personnel des bibliothèques qui s'apprêtent à vivre un changement de lieu. Les différentes étapes du déménagement, depuis la préparation jusqu'au suivi et à l'évaluation, y sont décrites en détail. Les conséquences psychologiques de cette situation sur les employés y sont également analysées dans le chapitre « Réussir son déménagement », afin de s'assurer que cette période de changement soit bien vécue.

Michel, Jacques.
Atelier d'Arts Appliqués du Vésinet. Fiches techniques : aide-mémoire de reliure : reliures classiques, chemises et étuis.
Dijon (France) : Éditions Faton, 2003. 270 p. ISBN  2-87844-059-5

Portant simplement en couverture le titre La Reliure : fiches techniques, ce document est né du rassemblement des connaissances et savoir-faire acquis par l'auteur pendant ses études à l'Atelier d'Arts Appliqués du Vésinet, en France. Chaque opération relative à la reliure (par exemple le collage des ficelles, le montage des couvertures ou des cahiers de feuillets indépendants, la couture et autres) fait l'objet d'une fiche explicative illustrée en couleurs et est précédée d'une page permettant au lecteur d'écrire des notes et remarques utiles. Ces fiches, d'abord publiées individuellement dans la revue Art & Métiers du Livre, sont ici réunies afin de constituer cet ouvrage qui se veut résolument pratique.

MANON BEAUCHEMIN
Secrétariat général

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.